
Parrainé dans sa jeunesse par Richard Kolinka, Trust ou Paul Personne, Manu Lanvin n’en est pas à son coup d’essai. « Faible Humain » est même son troisième album (sans compter les BO) et c’est un disque rock, rock à tous les niveaux.
Finie l’hagiographe musicale des années 70 qui copie ses idoles, les gimmicks redondants des guitares héros. Manu Lanvin abuse de la 6 cordes mais cette fois, et peut être pour la première fois, il l’utilise à son seul dessein, sans perdre l’envie de faire un disque animal.
De la cave au grenier, il y a dans tous les étages une voix rauque, une guitare électrique qui rythme la solitude de l’artiste et les battements du cœur en cuir qui sont synchrones avec la batterie qui tape notamment dans « On Dirait Que je t’Aime ». Manu Lanvin joue à la petite canaille, au mauvais garçon bien sous tout rapport et crie son désespoir tout en chantant (ce qui n’est jamais évident) et ça doit plaire à beaucoup (surtout du sexe féminin) et ce n’est pas ennuyeux à l’oreille même pour les autres.
Simple, attachant comme peut l’être un français qui s’essaye à cette forme de musique si anglo-saxonne, il passe au dessus des commensaux qui le raillent, toujours à fond la caisse sur les 11 titres (Excepté « Mon Seul Ennemi ») et finalement très captivant. Faire une chanson rock sur la barbie de la trash TV « Paris Hilton » était donc par exemple le bon exemple d’endroit ou il se devait d’aller avec son album.
Manu Lanvin parle du prix à payer pour se faire entendre et beaucoup de lui dans ses chansons, saluons là le travail d’auteur de S.Grangier qui est l’homme de plume et de mains tachées d’encre qui collent si bien à la doublure de perfecto de Manu (qui n'est pas un personnage de BD).
Et prêtons l’oreille à un duo bonus en toute fin d’album qui mérite plus qu’une place de dernière plage.